Jennifer Williams – Cuso Intl. volunteer alumna, Ghana / Ancien coopérante-volontaire de Cuso Intl. au Ghana

From basket-weaving in Ghana, to feeding Ottawa’s chocolate addiction, Jennifer Williams has a sweet spot for fair trade. / Jennifer Williams connaît un endroit charmant pour le commerce équitable.

Jennifer Williams’ fair trade story has taken her around the world.

It started in 1999 when Jennifer volunteered with Cuso International at a women’s collective in Ghana, offering business advice to local basket weavers. The experience would have a lasting impact on the native of Ottawa, Ontario, pushing her towards her current position as CEO of the Ottawa-based La Siembra fair trade co-operative.

Before she left with Cuso for Ghana, she admits she knew little about fair trade certification.

“I knew it existed as a concept, and I knew it involved growers and artisans making enough money to live off, but I had no idea about all the certifications that existed within fair trade,” she says.

In the bustling trade town of Bolgatanga, about 160 kilometres north of the provincial capital Tamale and just inside Ghana’s northern Burkina Faso border, Williams would have her crash course in fair trade operations.

With the town’s erratic rainfall and lack of arable land, handicrafts are a financial foundation for many residents, especially women. One of the most popular handicrafts there are the renowned ‘Bolga baskets.’

Basket weaving 101

The round, arching, one-handled basket, originally made with untrimmed straw and used as a sieve to brew the traditional alcohol beverage pito, has since achieved worldwide attention for its striking colours and weaving pattern.

“Women would spend their week weaving the baskets and on market day they would bring their baskets to sell, and they would receive the money they spend to make the baskets, excluding their time,” Jennifer says.

“As with any handicraft, the market was flooded. It was difficult to get a good price for these baskets.”

Jennifer was working with Maata-N-Tudu Association (Women of the North), a collective of women’s groups aiming to financially support its members. The association provides microcredit, entrepreneurial training, and business development – all of which Jennifer had experience in prior to her placement.

With her knowledge, and supporting by a growing organization, Williams saw an opportunity to make basket weaving more lucrative for the local women. She brought in a leading basket weaver who inspired the women with new design ideas.

“There was the perception that the women could not weave a higher quality basket,” Jennifer says. “The reality was, women did not have the time to spend doing the artistic design or the innovation; they had so many daily chores and activities.” But the women took to the new way of looking at their baskets. “And the financial results were so much greater that it was worth doing,” she says.

By the end of her placement a Canadian importer would become interested in the baskets, who Jennifer said still buys from the region today. “I was inventing my own fair trade mechanism to sell these high-quality baskets to an export market,” she said.

A taste for change

Back in Ottawa, Jennifer picked up a Cocoa Camino chocolate bar, a La Siembra product, and fell in love.

“I was blown away by the integrity of the Cocoa Camino brand,” she says. Coincidentally, La Siembra (which means ‘sowing’ or ‘planting time’ in Spanish) was looking for a new hire: someone to manage their production and inventory.

Jennifer had little experience in the field, but her volunteer experience made her a qualified candidate. “I had never done logistics, I had never done production management. However, I built an entire multi-year transition plan for an organization that become a credit union,” she says, talking about a project she had done for Maata-N-Tudu.

She was hired, and this year Jennifer celebrates 10 years with La Siembra, a major success story in the world of fair trade. Started in 1999, the co-operative works directly with 23 producer co-ops, and supports almost 40,000 family farmers in 11 countries.

In 2002, La Siembra worked with Fairtrade Canada to help develop a certifications system for cocoa, chocolate and sugar in Canada, and became the first registered importer of Fair trade certified cocoa and sugar in North America.

A decade in, La Siembra’s CEO still believes strongly in fair trade as a business concept.

“The fair trade model works directly with producer co-operatives, and those co-ops are an engine which supports growth. And it fosters local knowledge using local resources.”

And that’s one way Cuso International can help build a world with less poverty, adds Jennifer. “Cuso’s real value is creating global citizens.”

Written by Jakob Kuzyk

**

De la vannerie à Bolgatanga, Ghana, à une fringale de chocolat à Ottawa, la pratique du commerce équitable de Jennifer Williams l’a menée autour du monde.

Tout a débuté en 1999 lorsque Jennifer est devenue coopérante-volontaire pour Cuso International auprès d’un Collectif de femmes du Ghana, offrant des conseils en affaires aux vannières locales. L’expérience aura une incidence durable sur cette femme originaire de Ottawa, et la mènera à son emploi actuel de présidente-directrice générale de la coopérative de commerce équitable La Siembra, dont le siège est à Ottawa.

Elle avoue qu’avant son départ pour le Ghana comme coopérante‑volontaire de Cuso, elle était peu renseignée sur la certification de commerce équitable.

« Je connaissais le concept et je savais qu’il s’adressait aux producteurs et artisans qui en tiraient leur subsistance, mais je n’avais aucune idée de toutes les certifications liées au commerce équitable », dit‑elle.

Dans la ville commerciale animée de Bolgatanga, à environ 160 kilomètres au nord de la capitale provinciale Tamale et juste à l’intérieur du Burkina Faso, à la frontière nord du Ghana, Williams allait suivre un cours intensif sur les opérations de commerce équitable.

Compte tenu des pluies irrégulières et du manque de sol arable, l’artisanat est la principale source de revenu de bon nombre de résidants, surtout des femmes. C’est là que l’on trouve les fameux « paniers Bolga ».

Cours de vannerie 101

Le panier rond, cambré, à poignée unique, fait originalement de paille brute et utilisé comme passoire pour brasser la boisson alcoolisée traditionnelle pito, a depuis attiré l’attention du monde entier en raison de ses couleurs et de ses motifs tissés.

« Les femmes passaient leur semaine à tisser les paniers qu’elles vendaient les jours de marché. Elles en retiraient l’argent qui avait servi à fabriquer les paniers, mais leur temps n’était pas compté », dit Jennifer.

« Tout comme tout autre produit d’artisanat, le marché était saturé. Il était difficile d’obtenir un bon prix pour ces paniers. »

Jennifer travaillait pour la Maata-N-Tudu Association (Femmes du Nord), un Collectif de femmes dont le but consiste à appuyer financièrement ses membres. L’association fournit du microcrédit, de la formation à l’entreprise et du développement du commerce – trois domaines que connaissait bien Jennifer avant son affectation.

Avec ses connaissances et le soutien d’une organisation en pleine croissance, Jennifer croyait qu’il était possible de rendre la vannerie plus lucrative pour les femmes de la communauté. Elle recruta une vannière réputée qui suggéra aux femmes de nouvelles idées quant à la conception.

« Les femmes étaient convaincues que leurs paniers ne pouvaient pas être d’une meilleure qualité, dit Jennifer. En fait, les femmes n’avaient pas de temps à consacrer à la conception artistique ou à l’innovation; les corvées et activités quotidiennes occupaient une bonne partie de leur journée. » Mais les femmes ont commencé à regarder leurs paniers d’un autre oeil. « Et les résultats financiers ont démontré que cela valait le coup », dit-elle.

À la fin de son affectation, un importateur canadien s’est intéressé aux paniers et Jennifer ajoute qu’il se procure toujours des produits de la région. « J’inventais mes propres mécanismes de commerce équitable pour vendre ces paniers de haute qualité à l’étranger », dit-elle.

Le goût du changement

De retour à Ottawa, Jennifer a savouré une barre de chocolat de Cocoa Camino, un produit de La Siembra, et est tombée en amour.« J’ai été sidérée de l’intégrité de la marque Cocoa Camino », dit-elle. Par hasard, La Siembra (qui signifie « le temps des semailles » ou de la « plantation » en espagnol) était à la recherche d’une personne qui pourrait gérer sa production et son inventaire.

Jennifer possédait peu d’expérience dans le domaine, mais son expérience de coopérante‑volontaire lui a permis de se qualifier. « Je n’avais aucune expérience en logistique, ni dans la gestion de la production. J’ai tout de même réussi à élaborer un plan de transition pluriannuel pour une organisation qui est devenue une société de crédit mutuel », dit-elle, à propos d’un projet qu’elle a mis en oeuvre pour Maata‑N-Tudu.

Elle a été engagée, et Jennifer célèbre cette année ses dix années de service pour La Siembra, une réussite majeure en ce qui a trait au mouvement du commerce équitable. Inaugurée en 1999, la coopérative travaille directement avec 23 coopératives productrices et appuie environ 40 000 exploitations agricoles familiales dans 11 pays.

En 2002, La Siembra a collaboré avec Fairtrade Canada à l’élaboration d’un système de certification du cacao, du chocolat et du sucre au Canada et est devenue le premier importateur accrédité de cacao et de sucre certifié équitable en Amérique du Nord.

Dix années plus tard, la présidente-directrice générale de La Siembra continue de croire fermement au commerce équitable comme concept d’entreprise.

« Le modèle de commerce équitable travaille directement avec les coopératives productrices et ces coopératives sont un moteur de croissance. Et il préconise la connaissance locale au moyen des ressources locales. »

Et c’est de cette façon que Cuso International peut contribuer à la construction d’un monde où la pauvreté est réduite, ajoute Jennifer. La vraie valeur de Cuso réside dans le fait que l’organisme contribue à créer des citoyens du monde. »

Par Jakob Kuzyk

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , , | Leave a comment

Giving voice to the silenced / Donner la parole à ceux qui se taisent

Volunteer Alanna MacNevin helps a human rights organization in Peru diversify the voices heard on air, in print, and on the web. /  La coopérante-volontaire Alanna MacNevin aide une organisation de défense des droits de la personne à diversifier les voix entendues sur les ondes, dans la presse et sur le Web.

Tech-savvy librarian and community radio enthusiast Alanna MacNevin left the tiny where-everyone-knows-your-name port town of Souris, PEI, Canada for the world’s second largest desert city of Lima, Peru.

That South American country’s sprawling and chaotic metropolis – where the ashen ‘winter’ sky blends into the sand-brown desert of vast, undulating hills – is home to social inequality and widespread poverty. But Lima is also where independent media, as 28-year-old MacNevin has experienced first-hand, can be a catalyst of sustainable development and democracy.

Every morning, Alanna makes her way through the thick coastal garúa, or fog, and often-exasperating traffic to reach the Legal Defense Institute (IDL). Founded in the 1980s, early in the course of Peru’s 20-year internal armed conflict with the Maoist guerrilla organization Sendero Luminoso (Shining Path), the non-governmental organization (NGO) works to curb corruption, promote human rights, democracy and the right to access information.

(Alanna MacNevin, left)

“I have always been a huge supporter of independent media because, ultimately, it is answerable to the communities it sets out to serve. It allows the voiceless, overlooked and silenced to have their say and to engage in meaningful debate,” says Alanna. “Strengthening independent media is critical to building democracy and is a major destination on the road ahead.”

No story left untold

IDL publishes a monthly magazine, broadcasts a daily radio program and runs a landmark investigative journalismunit delivered via a web multiplatform. Ethics, gender equality and human rights are standard topics.

“The media is one of the most effective ways to spread human rights awareness. And the more people know – and care – about human rights, the more they are empowered to defend their own rights and to promote justice,” says Gerardo Saravia, co-director of IDL’s monthly magazine, Revista Ideele.

“Citizens benefit from quality journalism that holds the powerful to account, promotes transparency, delves deeply into policy issues and voices stories otherwise left untold,” adds Gerardo.

Alanna is currently introducing new information and communication technology (ICT) at IDL, and improving the quality and design of the organization’s online human rights magazine.

“Establishing a powerful web presence will allow IDL to resonate with its audience, elicit interest, share solutions and unite voices to create impact. But it’s only the first step. I will also be training IDL’s staff to use such tools in order to sustainably drive the organization forward,” says Alanna.

“One of my goals is to reach a younger, broader digital audience to add to the strength that the magazine already has.”

It’s been over 20 years since the first issue of Revista Ideele. And barely over a decade since Alberto Fujimori’s government wrested editorial control from mass media owners through covert payoffs and bribes, and the intimidation of non-conformist journalists.

The magazine, which is read by policymakers, jurists, academics, journalists and ordinary citizens, addresses issues such as indigenous rights, corruption – in mining, energy and public infrastructure – racism, human rights and violence against women and girls.

In Peru, where machismo continues to be dangerously pervasive, a third of women have suffered gender-based violence. And more than 60 percent of rape victims are minors.

This is where, according to Alanna, independent media can make a difference.

“It’s all about knocking down the wall of silence surrounding violence and discrimination, whether it is against women, gay and lesbian persons or Afro-Peruvians,” says Alanna. “The media can empower, make space for unheard voices, and, I believe, play a growing role in helping prevent violence against women, girls and other minorities.”

Talking out loud

Alanna has also collaborated with IDL’s “There is no Right” radio program, which is aired by more than 60 stations nationwide and focuses on human rights, democracy and social justice.

“I’m a vocal person. Perhaps that’s why radio appeals to me,” says Alanna,who volunteered with Montreal-based CKUT 90.3 FM community radio before coming to Peru.

As a result of her efforts, IDL radio content about migration was aired live on 35 stations across Canada. Peru has experienced significant migration and displacement due to poverty and its two-decade-long internal conflict, in which nearly 70,000 people, most of them civilians, died or disappeared.

“Change – big or small – is made possible by collaboratively sharing expertise, experience and solutions,” says Alanna. “And it ripples outward. That’s why I’m so excited to be contributing to creating an environment for that to happen.”

“Volunteering with Cuso International has been about much more than training others and passing on skills.  It’s been a two-way learning experience,” she adds. “I’ve overcome obstacles, such as working in a different language, and grown tremendously. I have been able to touch the heart of what makes Peru and its people unique, and have participated in forming a human community.”

Written by Annie Thériault. Photos by Miguel Hortiguela

**

Bibliothécaire spécialiste de la technologie, avide de radio communautaire, Alanna MacNevin a quitté le petit village portuaire de Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard au Canada, où tout le monde se connaît, pour se rendre dans la deuxième plus grande ville du monde construite dans un désert, Lima.

L’inégalité sociale et la pauvreté extrême prévalent dans la métropole tentaculaire et chaotique du Pérou – où le ciel brumeux « de l’hiver » se fond dans le sable brun du désert aux vastes collines ondulées. Mais Lima est aussi une ville où les médias indépendants, comme l’a constaté sur place la jeune femme de 28 ans, peuvent être catalyseurs de développement durable et de démocratie.

Tous les matins, Alanna se fraie un chemin à travers le brouillard dense de la côte, appelé garua, et le trafic souvent exaspérant pour se rendre à l’Institut de défense juridique (IDJ). Fondée dans les années 1980, au début du conflit armé qui a secoué le Pérou durant 20 ans, l’organisation non gouvernementale (ONG) travaille sans répit à freiner la corruption, promouvoir les droits de la personne, la démocratie et le droit à l’accès à l’information.

(Alanna MacNevin, g.)

« J’ai toujours été partisane des médias indépendants parce qu’en fin de compte, ils sont redevables aux communautés qu’ils servent. Cela permet aux laissés-pour-compte et aux silencieux de s’exprimer et de participer à un débat valable, dit Alanna. Il faut renforcer les médias indépendants si l’on veut instaurer la démocratie; c’est essentiel pour aller de l’avant. »

Tout est publié

L’IDJ publie un magazine mensuel, diffuse quotidiennement une émission radiophonique et dirige une unité de journalisme d’investigation à l’aide d’une multiplateforme Web. On y traite couramment d’éthique, d’égalité des sexes et des droits de la personne.

« Les médias sont l’un des moyens les plus efficaces de sensibiliser la population aux droits de la personne. Et plus les gens sont informés – et sensibilisés – aux droits de la personne, plus ils sont en mesure de défendre leurs propres droits et de promouvoir la justice », dit Gerardo Saravia, codirecteur du magazine mensuel de l’IDJ, Revista Ideele.

« Les citoyens ont droit à un journalisme de qualité qui oblige les puissants à rendre des comptes, préconise la transparence,  s’immisce profondément dans les enjeux stratégiques et raconte des faits qui autrement ne seraient pas révélés », ajoute Gerardo.

Alanna met actuellement en oeuvre une nouvelle technologie de l’information et des communication (TIC) à l’IDJ et améliore la qualité et la conception du magazine en ligne de l’organisation traitant des droits de la personne.

« Le fait d’établir une présence puissante sur le Web permettra à l’IDJ de vibrer avec son auditoire, de susciter l’intérêt, de partager des solutions et d’unir les voix pour créer un impact. Mais ce n’est que la première étape, je montrerai également au personnel de l’IDJ comment utiliser ces outils pour permettre à l’organisation de prendre un essor durable », dit Alanna.

« L’un de mes objectifs est de rejoindre un auditoire numérique plus jeune, plus vaste pour donner plus de poids au magazine. »

Le premier numéro du magazine Revista Ideele a été publié il y a plus de 20 ans.  Et il y a plus d’une décennie le gouvernement d’Alberto Fujimori arrachait le contrôle éditorial aux propriétaires de médias de masse au moyen de gains illicites et de pots-de-vin, et en intimidant les journalistes non conformistes.

Le magazine, qui est lu par des décideurs, des hommes de loi, des universitaires, des journalistes et des citoyens, traite de sujets comme les droits des autochtones, la corruption – dans l’exploitation minière, l’énergie et l’infrastructure publique – le racisme, les droits de la personne et la violence envers les femmes et les jeunes filles.

Au Pérou, où le machisme continue d’être dangereusement puissant, un tiers des femmes ont été victimes de violence sexiste. Et plus de 60 % des victimes de viol sont mineures.

C’est là que, selon Alanna, les médias indépendants peuvent faire une différence.

« Il faut briser le mur du silence qui entoure la violence et la discrimination, que ce soit contre les femmes, les gais et lesbiennes ou les Afro-Péruviens, dit Alanna. Les médias peuvent aider des personnes à se prendre en charge, permettre aux silencieux de s’exprimer et, selon moi, contribuer de plus en plus à prévenir la violence envers les femmes, les jeunes filles et les autres minorités. »

Revendiquer ses droits

Alanna a aussi collaboré à l’émission radiophonique de l’IDJ  « There is no Right » diffusée par plus de 60 stations dans l’ensemble du pays et qui met l’accent sur les droits de la personne, la démocratie et la justice sociale.

« J’aime m’exprimer. C’est sans doute pourquoi la radio me plaît », mentionne Alanna, qui a fait du bénévolat pour la radio communautaire CKUT 90.3 FM de Montréal, avant de venir au Pérou. « Le changement – grand ou petit – est rendu possible en partageant notre expertise, notre expérience et nos solutions. Et cela se répercute à l’extérieur. C’est pourquoi je suis fière de contribuer à la création d’un environnement où cela est possible. »

Grâce à ses efforts, le contenu radiophonique de l’IDJ sur la migration de la population a été diffusé en direct sur 35 stations radiophoniques du Canada. Le Pérou a connu une migration et des déplacements considérables en raison de la pauvreté et du conflit interne qui a duré deux décennies et au cours duquel près de 70 000 personnes, la plupart des civils, ont été tuées ou sont disparues.

« Le volontariat auprès de Cuso International ne se résume pas à former et à transmettre des compétences aux autres. C’est une expérience d’apprentissage bidirectionnelle. J’ai surmonté des obstacles comme celui de travailler dans une langue différente, et j’ai beaucoup grandi. J’ai vraiment compris ce qui rend le Pérou et ses habitants uniques, et j’ai participé à la formation d’une communauté humaine. »

Par Annie Thériault. Photos : Miguel Hortiguela Traduit de l’anglais par Carmen Caron, Tr. a.

Posted in Cuso International | Leave a comment

Jean Fraser, Cuso International volunteer alumni, runs for the world

In 2011, Jean Fraser volunteered for Cuso International as a Communications Specialist in Peru.  But her volunteering didn’t stop when she got home.

While in Peru, Jean helped a local nonprofit design and develop a website, and volunteered alongside professionals such as teachers, business analysts, psychologists, and councilors.

It was, for her an amazing opportunity, giving her a chance to travel, see the world and make a difference. It also inspired her to give back to the organization that made this experience possible, and that led her to register for the Scotiabank Charity Challenge to raise funds in support of Cuso.

CUSO_group_pic_pachacamac

(The Cuso gang in Peru; Jean is second from right in the second row behind the gentleman in the leather jacket.)

This is the second year that Cuso International has entered a Charity Challenge team in the Blue Nose, and Jean’s first year participating in it. “Last year I acted as the ‘team photographer’ since running has never really been my thing. Turns out it’s a lot harder to take a picture of someone running across the finish line than I anticipated, but I did see how much fun everyone was having and I was inspired to get involved this year.”

Bluenose '12 028

More than giving back to Cuso International, Jean says participating is a way to support the friends and the organizations that she connected with in Peru, and ensure Cuso continues to offer volunteer opportunities to others.

“I believe an essential part of learning is to experience things first-hand. Cuso gives you the opportunity to do so while providing essential skills-based services to their partner organizations overseas that may not otherwise have the expertise or resources.”

Fundraisers for Cuso International have been running in races all over the world under the name “Run for the World.” They have had participants run in Tanzania, Rwanda, Jamaica, Peru and across Canada.

“I feel connected to the runners who are raising money here in Canada and overseas – especially my friends in Peru and our Blue Nose team here in Halifax,” says Jean. “We’re running for a common goal.” She will be running with her mother and sister-in-law who are raising money for Cuso too.

Through an agreement with the Canadian International Development Agency every dollar raised for Cuso International will be leveraged nine times. This means if they meet their fundraising goals of $5,000 it will turn into $50,000 dollars. That will be enough funds to send two volunteers overseas for a year.

With only a few weeks left to go they’re hopeful they can meet their fundraising goals. “We’re setting up a booth at the Halifax Shopping Centre to raise awareness about Cuso and ask for donations, and we’re asking friends and family to donate.”

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , , , | Leave a comment

Un avenir meilleur pour les femmes porteuses du VIH / Brightening the future of women with HIV/AIDS

L’ONG éthiopienne «Demain est un autre jour »transforme le désespoir en espoir. / The Ethiopian NGO ‘Tomorrow is Another Day’ helps turns despair into hope.

Moderne et élégante, Bethlehem Ashebir est la fondatrice et directrice de Negem Lela Ken New(«Demain est un autre jour ») à Addis Abeba. L’ONG éthiopienne bénéficie de l’appui de Cuso International et de son partenaire stratégique, VSO International, et enseigne aux femmes porteuses du VIH et du sida des compétences qui assurent leur subsistance. Âgée de 40 ans, Ashebir, est porteuse du VIH et est un modèle inspirant pour les femmes éthiopiennes qui sont souvent bannies par leur époux, leurs amis, leur famille et leur employeur lorsqu’elles leur font part de leur état.

L’Éthiopie, dont la population se chiffre à 85 millions, compte un million d’habitants aux prises avec le VIH et le sida. Leur nombre est sans doute supérieur car beaucoup d’entre eux refusent de subir des tests ou de divulguer leur état. Selon des données plutôt conservatrices, 1 personne sur 85 serait porteuse du virus.

Bien que l’on communique de l’information sur la transmission du virus dans l’ensemble du pays, celle-ci n’est pas très répandue et on perçoit habituellement la maladie comme une sentence de mort. Lorsque les femmes subissent un test et sont déclarées séropositives, les hommes habités par la peur et l’indignation demandent le divorce (refusant souvent de subir eux-mêmes le test de dépistage). Bannies de leur famille et de leur communauté, ces femmes souvent se prostituent pour survivre… ou pire, elles se suicident.

Changer l’image

L’histoire d’Ashebir est différente. Lorsque son partenaire s’est vu offrir un emploi dans un autre pays, ils ont décidé de s’y rendre ensemble. Pour entrer au pays, il fallait passer un test de dépistage du VIH et celui d’Ashebir s’est avéré positif. Elle a été choquée et découragée, ne sachant même pas où elle avait contracté la maladie. Son partenaire l’a appuyée.

Elle a suivi le traitement médical, ils se sont mariés et ils ont mis au monde un beau garçon appelé Binyam, exempt du virus, qui a aujourd’hui dix ans. Déterminée à améliorer son sort, ainsi que celui d’autres femmes de la communauté d’Addis Abeba, elle a fondé Negem Lela Ken Newavec quatre autres femmes porteuses du VIH.

{g. Bethlehem Ashebir}

Il est réconfortant de voir ce qu’Ashebir et ses cofondatrices ont réalisé jusqu’à maintenant. En Éthiopie, 60% des porteurs du VIH et du sida sont des femmes et l’organisation aide les plus vulnérables d’entre elles – des prostituées, des servantes, des travailleuses d’usine, des enfants vivant dans la rue et des orphelines.

Leur centre de formation offre aux étudiantes la possibilité d’une démarginalisation économique – plus de 1 000 femmes ont appris le tissage, le filage, la couture et la coiffure. Lorsqu’elles sont diplômées, elles reçoivent 2 500 birr comme mise de fonds initiale pour créer leur propre entreprise;une machine à coudre est aussi fournie aux couturières.

Un autre aspect du travail de l’organisation comprend les soins à domicile. Plus de 200 bénévoles éthiopiennes aident les bénéficiaires à poursuivre leurs traitements médicaux dans trois régions du pays, les accompagnent à leurs rendez-vous, les aident à combattre la dépression, donnent des conseils sur une saine alimentation, et offrent leur amitié.

Une aide internationale pour le travail local

Un coopérant-volontaire international, Elijah Mugisa, a travaillé durant trois ans pour l’organisation; il s’occupait du financement. Originaire de l’Ouganda, Mugisa a rédigé des propositions à l’intention des donateurs locaux et a mis l’organisation en relation avec un service technique pour les ordinateurs. « Il a quitté l’organisation en 2010. Il était compétent et était toujours prêt à donner un coup de main. », se rappelle Ashebir.

Une autre coopérante-volontaire, Dawn Hoyle, a travaillé durant huit mois, après le départ de Mugisa. Elle s’occupait de l’administration et des finances. « Nous sommes actuellement à la recherche de nouveaux coopérants-volontaires », souligne Ashebir.

Une ONG canadienne, la Fondation Stephen Lewis, offre son appui et a financé un documentaire portant sur l’organisation intitulé Best Practices in Its Five Years. Le film, achevé en 2010, sert au recrutement de nouveaux donateurs. « Dawn a traduit le documentaire en anglais. Elle a travaillé vite. Je l’aimais bien », mentionne Ashebir.

Negem Lela Ken Newest une petite organisation qui a changé la vie de nombreuses femmes. Franchissant une étape à la fois, Ashebir et son équipe d’employés et de volontaires remplacent le désespoir par l’espoir et incitent les femmes éthiopiennes porteuses du virus à vivre de façon positive et à être des membres dynamiques de leur communauté.

Par Maureen Littlejohn, photos Ethan Baron

Traduit de l’anglais par Carmen Caron, Tr. a.

**

Modern and stylish, Bethlehem Ashebir is the Addis Ababa-based founder and director of Negem Lela Ken New (Tomorrow is Another Day). The Ethiopian NGO is supported by Cuso International and its strategic partner VSO, and provides livelihood skills to women with HIV/AIDS. Ashebir, 40, is HIV-positive and an inspiring role model for Ethiopian women who usually suffer severe ostracism from husbands, friends, family and employers when they disclose their status.

Of Ethiopian’s 85 million people, one million have HIV/AIDS. The number is likely much higher since many people refuse to be tested, or disclose their status. Going by the conservative numbers, that’s 1 in 85 people with the virus.

Although education about transmission is available throughout the country, it is not widespread and the disease is usually looked upon as a death sentence. When women are tested and found to be positive, husbands divorce them in a fit of fear and outrage (often refusing to be tested themselves). Cast out from their families and communities, these women often become sex workers to survive…or worse, they commit suicide.

Changing the picture

Ashebir’s story is different. When her partner got a job offer in another country, they decided to go together. Acceptance into the country was based on HIV testing and Ashebir’s test came up positive. She was shocked and despondent, not even knowing where she had contracted the disease. Her partner stood by her.

She got medical treatment, they married, and then they produced a beautiful, virus-free son named Binyam who is now ten years old. Determined to help not only herself, but also other women in her Addis Ababa community, she founded Negem Lela Ken New with four other HIV+ friends. So far, two international volunteers have helped with the project.

{Bethlehem Ashebir, left, is the founder of Negem Lela Ken New (Tomorrow is Another Day)}

What Ashebir and her co-founders have achieved so far is heartening. In Ethiopia 60 percent of HIV/AIDS sufferers are women and the organization helps the most vulnerable of these – sexual workers, house servants, factory workers, street children and orphans.

Their training centre offers students the opportunity for economic empowerment – more than 1,000 women have learned weaving, spinning, sewing and hair dressing skills. When they graduate they receive 2500 birr in seed money to start up their own businesses, and, in the case of seamstresses, a sewing machine is also awarded.

Another aspect of the organization’s work is home care. More than 200 local volunteers in three regions of the country help beneficiaries maintain their medical treatments, take them to their appointments, help fight off depression, give advice on eating properly and provide friendship.

International support for local work

One international volunteer, Elijah Mugisa, spent three years working with the organization as a fundraiser. Originally from Uganda, Mugisa wrote proposals for local donors and set up a relationship with a technical service to provide assistance for their computers. “He left in 2010. He was good and helped with everything,” recalls Ashebir.

Another volunteer, Dawn Hoyle, stepped in for eight months after Mugisa departed. She spent her placement doing the NGO’s administration and finance. “We are currently looking for new volunteers,” says Ashebir.

Canadian NGO The Stephen Lewis Foundation is a big supporter and funded a documentary about the organization called Best Practices in Its Five Years. The film, completed in 2010, is used to attract new donors. “Dawn translated the documentary into English. She was fast. I loved her,” notes Ashebir.

Negem Lela Ken New is a small organization that has made big changes in many women’s lives. Taking one small step at a time, Ashebir and her team of staff and volunteers are replacing despair with hope and encouraging Ethiopian women with the virus to live positively and be dynamic members of their communities.

Story by Maureen Littlejohn, photos by Ethan Baron

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , , , , | Leave a comment

The volunteer journey / Le parcours du coopérant-volontaire

Interested in volunteering abroad with Cuso International? This short video walks you through the steps in a volunteer’s journey. Unlock the potential of others – and the potential in you…

Intéressé(e) à devenir coopérant(e)-volontaire à l’international avec Cuso International? Cette courte vidéo présente les différentes étapes à franchir pour ce faire. Stimulez le potentiel des autres ainsi que le vôtre…

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , , | Leave a comment

A good cup of coffee in Tanzania / Une bonne tasse de café en Tanzanie

Kenyan volunteer Zaverio Kirimi M’Imwere revives skills in Tanzania and rides the global coffee wave. / Le volontaire kényan Zaverio Kirimi M’Imwere ravive ses compétences en Tanzanie et surfe sur la vague mondiale du café.

With its high altitude and cool, wet climate, Tanzania’s northwestern Kagera region seems ready-made for growing kahawa, better known by its English name, coffee. Indeed, European entrepreneurs thought the very same when they introduced the plant to the area in the 1950s.

For years, farmers made a decent living off coffee exports but then prices plummeted worldwide in the 1980s and many farmers abandoned coffee and started planting other crops including bananas, corn, cotton, cassava, beans and tea.

But with a new generation of coffee lovers proliferating throughout the Muslim world as well as in India, Japan and China, kahawa is a hot commodity again. Problem is, the region’s plants were overgrown and coffee-growing knowledge and expertise had dwindled to nothing.

Enter Zaverio Kirimi M’Imwere, a tall, middle-aged Kenyan and father of five who was raised in a large, poor but loving family in the hills east of Mount Kenya. He didn’t own a pair of pants or shoes until he was a teenager, but he was a smart and dedicated student.

With degrees in agriculture and agricultural economics, M’Imwere spent nearly 20 years with the Kenyan Tea Development Authority before running for Kenya’s national assembly in 2008.

A growing concern

He didn’t win so he tried his hand at consulting. It was around then his wife asked him what he was doing to fulfill his charitable obligations. Very little, he realized, so he decided to volunteer as an agri-business market linkage advisor in Tanzania. Cuso International is a strategic partner with VSO, and the two organizations share programming in many countries in Africa and Asia. Volunteers are recruited from both developed and developing countries.

By January 2009, M’Imwere was in Tanzania, helping coffee growers revive their skills and ramp up production. Agriculture is in his blood: Kirimi means “farmer” in his native tongue, Kimeru.

People drink less alcohol and more coffee now, M’Imwere says, driving up worldwide demand. “We can see that, over the next 20 years, this demand will not go down,” he says. “My job is to organize farmers so they can market coffee themselves in an effective manner.”

Partnering with the Kolping Society of Tanzania, part of Kolping International – a Catholic lay organization committed to improving social and economic conditions for rural peoples – M’Imwere is helping to manage the society’s KOLCAFÉ project which was started by Canadian Cuso International volunteer Jamie Kyles.

KOLCAFÉ is a coffee co-operative spread over five villages in the Bukoba and Muleba districts of Tanzania which lie just west of Lake Victoria and south of the Uganda border. Roughly 1,300 farmers, belonging to 286 households, are participating in this project.

The goal is to improve agricultural practices, increase the yield through the use of organic compost and pruning, hull and grade the beans and then sell them at the international auction. But none of this is simple.

Farmers helping farmers

Farmers in Canada who want to learn how to grow potatoes, say, need only consult a library or the Internet for information. But there are precious few libraries in Tanzania and most families have no electricity let alone computers. Education needs to happen on the ground, with peer-to-peer demonstrations.

M’Imwere takes us out to some of his demonstration farms to show us how it works. We jump into his 4X4 SUV and head south along the shores of Lake Victoria and into rolling green hills covered in banana palms and maize.

“If there’s anything I enjoy, it’s being out with the farmers,” he says. “You hear their problems, you can give suggestions. They don’t always take your suggestions. Maybe you get mad a little bit. You call a meeting. All my life, I have enjoyed working with farmers.”

Our first stop is the farm of Albertina and Gerardi Myaka who have about 300 coffee plants now and support a family of six children including an orphan boy named Kevin whom they found wandering in the woods behind their house when he was about five years old.

Albertina, along with Archardi Mushema and Richardi Simoni, KOLCAFÉ’s chairman and secretary respectively, lead us through the plantation. It’s humid and about 28 degrees Celsius in November. Branches bend low, heavy with green coffee beans which will ripen to crimson in December.

Albertina explains in Kiswahili that thanks to KOLCAFÉ, she has learned to use mboji – an organic fertilizer made from manure and compost – to cover the ground with straw for moisture retention and to cut the coffee plants back to increase the yield. Getting farmers to prune their plants remains one of the biggest challenges, M’Imwere says, because it doesn’t make initial sense to them.

He shows us the difference between a pruned plant with three or four main stalks, and one that has been left to grow at will. The former is bushy, contains more beans and the beans are larger which means they earn a better price. The latter has numerous long, spindly branches with fewer, smaller beans.

“A coffee plant is like a family. If you have 15 children, they will always be hungry. If you have five or six, they will be well nourished,” M’Imwere says. “Visual aids are a very strong tool. We think we are more than tripling our yields.”

Mushema explains that growing coffee is an exercise in delayed gratification because it takes three years of dedicated attention to nurture and prune seedlings until they are strong enough to start producing a healthy crop. That’s a lot to ask a poor farmer in Tanzania so they usually have to plant bananas, maize and other crops to earn a living while the coffee plants mature.

“Now, with prices going up, we have better profits and income builds houses, feeds children,” he says in Kiswahili. “We can buy other things, a cow, a goat, medicine. It’s the only crop that gives us a steady income.”

It’s not always a grind

M’Imwere says it’s frustrating sometimes when farmers decide to sell their beans individually to middlemen buyers for instant, albeit less, cash. He tries to convince the farmers that they are stronger, independent and self-sustaining as a unit going to auction but he knows what an empty stomach can do.

“What we find is that, although the farmers have a lot of interest, most of them think they will be given money to do things on their own. When poverty strikes, people need money. So they get discouraged. We tell them to have hope, and to wait, that they will make more money in the end,” M’Imwere says.

This and other demonstration farms have been chosen because they are near main roads and can be easily accessed by interested farmers. Coffee-growing workshops are held on farms like this and then KOLCAFÉ mentors visit individual farmers to follow up, answer questions and help make manure.

We visit two more farms before heading to KOLCAFÉ’s hulling and grading facility near a village market. He shows us the corrugated aluminum building held up by eucalyptus wood beams that will house a massive hopper for removing bean husks. Cleaned beans will then pass through a chute to the next room where they will be sized and bagged.

It’s been a long day under the hot equatorial sun so we head back to Bukoba, a city of about 100,000 and the area’s main urban hub. M’Imwere is wrapping up a three-year placement and is due to return to Kenya in January 2012. He’s hoping his replacement will continue adding value to KOLCAFÉ by helping the farmers become organic and fair-trade certified and to find overseas partners to sell and showcase the brand.

“They don’t need me anymore,” he says, satisfied. “I can now rest and the work will continue.”

Written by Lisa Gregoire

Photos by Scott Portingale

**

En haute altitude, dans un climat frais et humide, la région de Kagera, au nord-ouest de la Tanzanie est l’endroit rêvé pour cultiver le « kahawa », mieux connu sous son nom anglais, le café. C’est ce que pensaient les entrepreneurs européens lorsqu’ils ont implanté le caféier dans la région, dans les années 1950.

Durant des années, les agriculteurs ont bénéficié d’un revenu décent grâce à l’exportation du café, puis les prix ont dégringolé à l’échelle mondiale dans les années 1980 et de nombreux agriculteurs ont délaissé le café pour s’intéresser à d’autres cultures comme celles des bananes, du maïs, du coton, du manioc, des fèves et du thé.

Une nouvelle génération d’amateurs de café dans le monde musulman, de même qu’en Inde, au Japon et en Chine ont remis le kahawa au goût du jour. Le problème c’est que les plants de la région étaient à l’abandon et que peu de gens désormais avaient les connaissances et l’expertise nécessaires pour cultiver le café.

Puis arriva Zaverio Kirimi M’Imwere, un Kényan de grande taille, d’âge moyen, père de cinq enfants, élevé dans une grande famille démunie mais aimante, dans les montagnes à l’est du Mont Kenya. Il a eu sa première paire de pantalons et ses premières chaussures à l’adolescence, mais c’était un élève intelligent et studieux.

Grâce àses grades universitaires en agriculture et en économie agricole, M’Imwere a travaillé durant près de 20 ans pour l’Agence de développement du thé au Kenya avant de se porter candidat à une élection de l’Assemblée nationale du Kenya en 2008.

Une préoccupation grandissante

Il n’a pas été élu; il a donc fait ses débuts comme consultant. C’est à peu près à cette période que son épouse lui a demandé ce qu’il faisait pour remplir ses obligations envers les plus démunis. Très peu, a-t-il été obligé d’admettre; il a donc décidé de se porter volontaire auprès de la Fédération internationale VSO en tant que conseiller du secteur de l’agroentreprise. VSO est un partenaire stratégique de Cuso International et les deux organismes administrent des programmes partagés dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie.

En janvier 2009, M’Imwere était rendu en Tanzanie, aidant les cultivateurs de café à retrouver leurs compétences et à accélérer la production. Il a l’agriculture dans le sang : « kirimi » signifie « agriculteur » dans sa langue maternelle, le kimerou.

Aujourd’hui les gens consomment moins d’alcool et plus de café, dit M’Imwere, ce qui provoque une augmentation de la demande dans le monde entier. « Nous savons déjà qu’au cours des 20 prochaines années, cette demande ne diminuera pas. Mon travail consiste à rassembler les agriculteurs pour qu’ils puissent eux-mêmes commercialiser le café de façon efficace. »

En partenariat avec la Société Kolping de Tanzanie, membre de Kolping International – une organisation ouvrière catholique qui s’est donné pour mandat d’améliorer les conditions socio-économiques des populations rurales – M’Imwere participe à la gestion du projet KOLCAFÉ de la société qui a été mise de l’avant par le volontaire canadien de Cuso International, Jamie Kyles.

KOLCAFÉ est une coopérative de producteurs de café implantée dans cinq villages des districts tanzaniens de Bukoba et de Muleba situés à l’ouest du Lac Victoria et au sud de la frontière de l’Ouganda. Environ 1 300 agriculteurs, membres de 286 familles, participent à ce projet.

On veut améliorer les pratiques agricoles, augmenter la production à l’aide du compostage des matières organiques et de l’émondage, décortiquer et classer les grains de café, puis les vendre aux enchères internationales. Mais tout cela n’est pas simple.

Les agriculteurs s’entraident

Les agriculteurs canadiens qui veulent apprendre comment cultiver la pomme de terre, par exemple, n’ont qu’à se procurer l’information à la bibliothèque ou sur Internet. Mais les bibliothèques sont rares en Tanzanie et la plupart des familles n’ont pas d’électricité pour alimenter les ordinateurs. On s’instruit sur le terrain, avec l’aide de ses voisins.

M’Imwere nous fait visiter certaines des fermes de démonstration pour nous montrer comment tout cela fonctionne. Nous montons à bord de son VUS 4X4 en direction sud, sur les rives du Lac Victoria, dans des sentiers montagneux verdoyants couverts de palmiers de bananes et de maïs.

« C’est ce que je préfère, être à l’extérieur avec les agriculteurs », dit-il. Ils vous confient leurs problèmes, vous pouvez leur suggérer des solutions. Ils ne les acceptent pas toujours. Il arrive que cela vous vexe un peu. Vous demandez qu’on organise une réunion. Toute ma vie, j’ai aimé travailler avec les agriculteurs, et c’est toujours le cas. »

Nous nous arrêtons d’abord dans la ferme d’Albertina et Geraldi Myaka qui ont environ 300 plants de café maintenant et élèvent six enfants, dont un orphelin appelé Kevin qu’ils ont trouvé dans la forêt derrière leur maison; il était âgé d’environ cinq ans.

Albertina, et Archardi Mushema et Richardi Simoni, respectivement président et secrétaire de KOLCAFÉ, nous font visiter la plantation. La température est humide, il fait environ 28 degrés celsius, on est en novembre. Les branches sont basses, chargées de grains de café verts qui vireront au cramoisi en décembre.

Albertina explique en swahili que grâce à KOLCAFÉ, elle a appris à utiliser le « mboji » – un engrais organique fait de fumier et de compost – à couvrir le sol de paille pour retenir l’humidité et à élaguer les plants de café pour augmenter la production. Il est très difficile de convaincre les agriculteurs d’émonder leurs plants, souligne M’Imwere, car pour eux ça n’a pas sa raison d’être.

Il nous montre la différence entre un plant émondé, avec trois ou quatre tiges principales, et un autre qui a poussé librement. Le premier est touffu, contient plus de grains et ceux-ci sont plus gros, ce qui signifie qu’on pourra en tirer un meilleur prix. Le deuxième a plusieurs branches longues et grêles, et les grains sont plus petits et moins nombreux.

« Un plant de café est comme une famille. Si vous avez 15 enfants, ils auront toujours faim. Si vous en avez cinq ou six, ils seront bien nourris, dit M’Imwere. Les aides visuelles sont un outil très solide. Nous pensons que nous triplons notre production, voire plus. »

Mushema explique que cultiver le café est une activité qui porte fruits à long terme parce qu’il faut compter trois années de soins assidus pour nourrir et émonder les tiges jusqu’à ce qu’elles soient assez solides pour commencer à produire une saine récolte. C’est beaucoup demander à un pauvre agriculteur tanzanien; ils doivent donc habituellement planter des bananes, du maïs et d’autres cultures pour gagner leur vie en attendant que les plants de café arrivent à maturité.

« Maintenant, avec la montée des prix, nous faisons de meilleurs profits et pouvons construire des maisons, nourrir les enfants », dit-il en swahili. « Nous pouvons acheter d’autres choses, une vache, une chèvre, des médicaments. C’est la seule culture qui nous procure un revenu fixe. »

Le café n’est pas toujours moulu

M’Imwere dit qu’il est parfois frustrant de constater que des agriculteurs décident de vendre leurs grains de café individuellement à des acheteurs intermédiaires pour moins d’argent, mais de l’argent comptant. Il tente de convaincre les agriculteurs qu’ils sont plus forts, indépendants et autonomes en tant que groupe qui vend son produit aux enchères, mais il sait jusqu’où on peut être prêt à aller quand on a le ventre vide.

« Nous constatons que bien que les agriculteurs soient très intéressés, la plupart d’entre eux pensent qu’on leur donnera de l’argent pour faire les choses à leur façon. Lorsque la pauvreté règne, les gens ont besoin d’argent. Alors ils se découragent. Nous leur disons d’entretenir l’espoir et d’attendre, qu’ils auront plus d’argent au bout du compte », souligne M’Imwere.

Cette ferme et d’autres fermes de démonstration ont été choisies parce qu’elles sont situées à proximité de routes principales et que les agriculteurs intéressés y ont facilement accès. On administre des ateliers de culture du café dans des fermes comme celle-ci, et les conseillers de KOLCAFÉ visitent chacun des agriculteurs pour assurer le suivi, répondre aux questions et les aider à faire de l’engrais.

Nous visitons deux autres fermes avant de nous rendre aux installations de KOLCAFÉ où l’on décortique et classe le café, près d’un marché de village. Il nous montre le bâtiment recouvert d’aluminium ondulé soutenu par des piliers de bois d’eucalyptus, qui abritera une gigantesque trémie servant à décortiquer les grains. Les grains nettoyés passent ensuite dans un déversoir dans la pièce suivante où ils sont pesés et ensachés.

Après une longue journée sous le chaud soleil équatorial nous revenons à Bukoba, une ville d’environ 100 000 habitants et le centre urbain principal de la région. M’Imwere achève une affectation de trois ans et doit retourner au Kenya en janvier 2012. Il espère que son remplaçant continuera de donner de la valeur à KOLCAFÉ en aidant les agriculteurs à se tourner vers le commerce équitable ou biologique et à trouver des partenaires à l’étranger pour vendre et faire la promotion de la marque.

« Ils n’ont plus besoin de moi, dit-il, satisfait. Je peux désormais me reposer et le travail se poursuivra. »

Par Lisa Gregoire

Photos : Scott Portingale

Traduit de l’anglais par Carmen Caron, trad. a.

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , , , | Leave a comment

Occupational Therapy, occupational volunteering / Démystifier l’ergothérapie au Ghana

A Canadian OT lends a helping hand – and a strong voice – at a hospital in Accra, Ghana. / Une ergothérapeute canadienne donne un coup de main – et joue un rôle déterminant – dans un hôpital d’Accra, au Ghana.

Lori Zunti was “bit hard by the travel bug” when, as an undergraduate at the University of Alberta, she spent time volunteering with a doctor in India. She later completed a clinical placement in Cape Town, South Africa, and travelled with her sister through East Africa.

Years later, and now a certified occupational therapist with Canadian experience, she’s volunteering at the Pantang psychiatric hospital on the outskirts of Accra, the capital city of Ghana.

Pantang is one of three psychiatric hospitals in the country, and the only one with a functioning occupational therapy (OT) department. Zunti works with nine OT assistants, but notes that Ghana lacks a university degree program for OTs and a formal training program for OT assistants.

{Photo: Godwin Amewu, left; Lori Zunti, right}

Although she’s building on the solid work of her predecessor, a British OT volunteer, Zunti admits that it’s been an uphill battle to get hospital professional staff to understand the purpose of OT and to make patient referrals. The department has been viewed variously as a “glorified rec department” or a place for vocational training, she explains.

Finding their voice

As well, intercultural differences have made life interesting. “It’s been a learning curve,” she says. “I don’t like to be forceful, and I’m new to a supervisory role.”  As a result, she faced some initial difficulties because her Ghanaian OT assistants aren’t generally accustomed to giving their opinions, as this is considered rude or aggressive, she explains.

“At our first team meeting, I asked for opinions and advice and nobody would say anything.  I just said we’re going to sit here until people start talking,” says Zunti, still a bit surprised at her own resolve. “Eventually, they began to talk. I think they now realize that I really want the team to do well, that this is a safe place, and they know my heart is genuine. It has been trial and error.”

Zunti has been teaching her assistants that OT “assesses how disability impacts a person’s life – physically, emotionally, cognitively, socially and environmentally – and his or her ability to participate in everyday activities.”

After the assessment, the OT’s role is to “develop a treatment or rehabilitation program that uses purposeful and meaningful activities to reduce the impact of a person’s illness or disability, and improve their ability to function and enhance quality of life,” Zunti explains.

“We used to do things without knowing why,” says Nicholina Yorke, an occupational therapy assistant at the Pantang psychiatric hospital in Accra, Ghana. She’s with a handful of female patients who are sorting and stringing beads in one of the occupational therapy department’s activity rooms.

“Now we are asking if what we are doing is purposeful. We are reading meanings into activities and seeing changes in patients.” For example, not everyone can string beads, Yorke says, so other tasks are found, such as choosing which beads should be strung. Patients are gradually eased along into more meaningful activity, she says.

Zunti has introduced patient care record books, so that Yorke and her colleagues track patients’ activities and progress.

The Pantang hospital OT department has facilities and equipment for beading and dressmaking, carpentry, cane weaving, tailoring, ceramics, drawing and painting. Substance abuse groups are held once a week, twice a month there are cooking classes, and the department also runs supported discharge groups.

The art of change

Godwin Amewu is an artist who began working as an OT assistant in 2000. In his first years on the job, he says, “we would just do this, do that, with the patients.”

But in 2006 Amewu, now the senior OT assistant, took a leave to study art education at university. Now back on the job, he is able to design appropriate art therapy projects and see patient improve in terms of their ability to concentrate and their thought processes.

He says that while previous OT volunteers made key contributions, it wasn’t until Zunti developed a protocol, and “put her foot down,” that hospital staff began to make referrals to the OT department. Referred patients have diagnoses ranging from schizophrenia and bipolar illness to alcohol abuse.

Amewu says Zunti has also made other positive changes.  “In Ghana there are some things we overlook, especially punctuality, but Lori doesn’t tolerate lateness and she wants reasons if people are absent.”

As the most senior OT assistant, Amewu admits to being slightly anxious about what happens when Zunti leaves. “I will have to continue with the structures that she has set up.”

But the department also needs a trained OT, he stresses. Zunti notes that there is hope in that regard — a Ghanaian-born OT, who trained in London, as been hired by the University of Ghana to start up a four-year Bachelor of OT program.

Although it is not the case for all volunteers – some struggle to adapt to their volunteer position and/or a new country – Zunti says that she experienced “a very smooth transition.” As a university athlete, she met sporty Ghanaian-Canadians who have been a beneficial resource during her time in the country. Every morning Zunti, who played on three varsity teams, can get in her daily run – trailed by interested children.

“On the whole I’ve had more ups than downs, but even the downs have been beneficial because they’ve been a good learning experience for me.  I am really enjoying my OT position, my staff, and my time in Ghana as a whole. I’m definitely learning things about myself that I didn’t know before.”

Written by Ann Silversides

Photos by Louise Renaud

**

Lori Zunti  a « eu la piqûre des voyages » lorsque, en tant qu’étudiante de premier cycle à l’Université de l’Alberta,  elle a travaillé bénévolement pour un médecin en Inde. Elle a ensuite fait un stage clinique à Cape Town, en Afrique du Sud, et voyagé avec sa soeur en Afrique orientale.

Des années plus tard, maintenant ergothérapeute agréée au Canada, elle se porte volontaire pour une affectation à l’hôpital psychiatrique de Pantang, aux abords de la ville d’Accra, la capitale du Ghana.

{Godwin Amewu, g. ; Lori Zunti, d.}

L’hôpital de Pantang est l’un des trois hôpitaux psychiatriques du pays, et le seul doté d’un service d’ergothérapie fonctionnel. Lori Zunti travaille avec neuf assistants en ergothérapie, mais constate que le Ghana n’a pas de programme de grade universitaire en ergothérapie et de programme de formation officiel d’assistants en ergothérapie.

Lori admet qu’elle a dû lutter tant bien que mal pour faire comprendre au personnel professionnel de l’hôpital le but de l’ergothérapie et aiguiller des patients. Le service est perçu de diverses façons; comme un « soi-disant service de loisir » ou un lieu de formation professionnelle, explique-t-elle.

Ils ont leur mot à dire

De plus, les différences interculturelles ont alimenté son quotidien. « Ça a été une courbe d’apprentissage, dit-elle. Je n’aime pas m’imposer et j’en suis à mes débuts dans un rôle de supervision. » Elle a donc connu des difficultés au départ parce que ses assistants ghanéens n’ont pas l’habitude de donner leur avis, car on juge que c’est impoli et agressif, explique-t-elle.

« Lors de notre première réunion d’équipe, je leur ai demandé d’exprimer leur point de vue et personne n’a réagi. J’ai donc dit, nous resterons assis ici jusqu’à ce que quelqu’un prenne la parole », a dit Lori, un peu surprise de sa propre décision. « Après un moment, ils se sont mis à parler. Je pense qu’ils savent maintenant que je veux vraiment que l’on fonctionne bien en équipe, qu’ils sont en lieu sûr, et que j’ai bon coeur. J’ai travaillé par essais et erreurs. »

Lori a enseigné à ses assistants que l’ergothérapie « évalue comment l’incapacité affecte la vie d’une personne – sur le plan physique, émotif, cognitif, social et environnemental – et sa capacité de participer aux activités quotidiennes. »

Outre l’évaluation, le rôle de l’ergothérapeute consiste à « élaborer un traitement ou un programme de réadaptation au moyen d’activités volontaires et significatives visant à réduire les conséquences de la maladie ou de l’incapacité d’une personne et à améliorer sa capacité de fonctionner, contribuant ainsi à une meilleure qualité de vie », explique Lori.

« Nous avions l’habitude de faire des choses sans savoir pourquoi », dit Nicholina Yorke, une assistante en ergothérapie à l’hôpital psychiatrique de Pantang, en périphérie d’Accra.

Elle travaille avec une poignée de patientes qui trient et enfilent des perles dans l’une des salles d’activité du service d’ergothérapie.

« Nous nous demandons maintenant si ce que nous faisons est utile. Nous comprenons la signification des activités et voyons les changements chez nos patients. Par exemple, tous ne peuvent pas enfiler des perles, dit, Yorke, aussi nous leur trouvons d’autres tâches comme celle de choisir les perles qui doivent être  enfilées. Les patients sont amenés graduellement à exécuter des tâches plus importantes», dit-elle.

Lori a mis en circulation des registres de soins des patients pour que Yorke et ses collègues puissent faire le suivi des activités et des progrès des patients.

Le service d’ergothérapie de l’hôpital Pantang est muni d’installations et d’équipement de broderie perlée et de confection de robes, de menuiserie, de tressage, de confection, de céramique, de dessin et de peinture. Nous offrons des séances d’information sur l’abus d’alcool ou d’autres drogues une fois par semaine,  des cours de cuisine deux fois par mois, et nous offrons également des services de réadaptation à une clientèle cible.

L’art du changement

Godwin Amewu est un artiste qui a fait ses débuts comme assistant en ergothérapie en 2000. Au sujet de ses premières années de travail, il mentionne : « Nous occupions les patients de notre mieux. »

Mais en 2006, Amewu, l’assistant en ergothérapie principal, a pris congé pour suivre des cours en éducation artistique à l’université. De retour au travail, il peut concevoir des projets d’art-thérapie appropriés et constate une amélioration de la capacité de concentration et des processus mentaux de ses patients.

Il dit que les anciens ergothérapeutes volontaires ont réalisé de grandes choses, mais ce n’est qu’au moment où Lori Zunti a élaboré un protocole et « pris les choses en main » que le personnel de l’hôpital a commencé à diriger des patients au service d’ergothérapie. Les patients qui nous sont référés souffrent de maladies allant de la schizophrénie, à des troubles bipolaires ou de problèmes liés à l’abus d’alcool.

Amewu mentionne que Lori a aussi apporté d’autres changements positifs. « Au Ghana, il y a des choses auxquelles nous portons peu d’attention, la ponctualité, par exemple, mais Lori ne tolère pas les retards et elle demande au personnel de justifier leur absence. »

En tant qu’assistant en ergothérapie principal, Amewu se demande ce qui va arriver lorsque Lori va quitter l’hôpital. « Je devrai conserver les structures qu’elle a mises en place. »

Mais le service d’ergothérapie a aussi besoin d’un ergothérapeute, souligne-t-il. Lori mentionne qu’il y a de l’espoir dans ce domaine — un ergothérapeute ghanéen qui a fait ses études à Londres, a été engagé par l’Université du Ghana pour mettre sur pied un programme de baccalauréat en ergothérapie d’une durée de quatre ans.

Bien que ce ne soit pas le cas pour tous les volontaires – qui luttent parfois pour s’adapter à leur poste de volontaire et/ou à leur nouveau pays – Lori Zunti mentionne que pour elle, « la transition s’est faite en douceur ». En tant qu’athlète universitaire, elle a rencontré des Ghanéens-Canadiens sportifs qui l’ont beaucoup aidée durant son affectation au pays. Tous les matins, Lori, qui a joué dans trois ligues universitaires, peut faire sa course quotidienne – suivie de près par des enfants intéressés.

« Tout compte fait, j’ai eu plus de hauts que de bas, mais même les périodes difficiles ont été salutaires parce qu’elles m’ont beaucoup appris. J’aime vraiment mon travail d’ergothérapeute, mon personnel, et mon séjour au Ghana, dans l’ensemble. J’apprends beaucoup de choses sur moi-même que j’ignorais auparavant. »

Par Ann Silversides

Photos : Louise Renaud

Traduit de l’anglais par Carmen Caron, trad. a.

Posted in Cuso International, Volunteering | Tagged , , , , , , , , | Leave a comment